commencez par le début, juste en-dessous...

J'ai persévéré, jour après jour. J'ai continué à courir après mon adolescence. Cette faille dans ma musique, cette dissonance, m'accompagnait à chaque morceau dont je retrouvais la maîtrise. Je savais que je jouais juste. Je savais que ma basse était accordée. Je savais aussi que je connaissais les partitions et que tout aurait dû être parfait... Mais c'était pas le cas. C'était moche, et ça m'horripilait. Pas moyen de trouver ce qui clochait. Tout les éléments, tout ce qui composait la musique était juste, et pourtant, c'était faux...
Je me suis acharné. Je ne pouvait plus m'en passer. Je suis assez vite revenu à un rythme soutenu, près de cinq heures par jour à nouveau. Mais plus je jouais, plus ça empirait, le résultat était de plus en plus catastrophique. Et ça m'obsédait, je n'arrivais même plus à respecter mes pauses, j'éteignais des clopes à peine entamées. Je me suis alors souvenu des mots du vendeur: "cette basse appartenait au plus mauvais bassiste du monde...". J'étais arrivé à un stade où je ne parvenais même plus à assurer au boulot. J'arrivais toujours à la bourre, et j'étais devenu caractériel comme un pittbull sous emphétamine. Je me décidai alors à retrouver la boutique, à me débarrasser de cet instrument de torture. Je me souvenais de son emplacement exact. Six mois plus tôt, je venais presque tous les jours. Mais là, c'était impossible de la retrouver... Il n'y en avait aucune trace. Je suis revenu tous les jours, dès que je parvenais à arrêter de jouer. Je voulais me convaincre que c'était un sale rêve, mais à chaque fois, la BENTON était là, pour me rappeler que c'était réel. J'ai interrogé le voisinage, et personne ne se rappelle d'un magasin d'instruments d'occasion... J'ai cherché à la revendre à d'autres magasins, mais sans jamais parvenir à en franchir le sueil. J'ai complètement abandonné mon boulot, je déambulais dans les rues toutes la journée avec ma basse à la main, sans trouver le repos. Le soir, je n'avais qu'une envie, en jouer, et qu'une peur, en jouer. J'entendais cette disonnance assourdissante dès que je la voyais, et je ne pouvais plus en décrocher les yeux. J'ai fini par me faire renvoyer...
J'ai revendu mon appartement, et j'ai loué une petite boutique, avec sa licence. J'y ai ouvert un magasin d'instruments d'occasion.
Depuis deux semaines, un jeune homme passe tout les jours et reste à chaque fois une heure devant la vitrine à contempler son manche en érable et son corps en noix. Je me sens vieux, mais bientôt, je serai libre...




ça, c'est dédicacé à a2 et son studio hanté...

 
J'ai commencé à jouer de la basse à quinze ans. Au départ, c'était juste pour pas faire comme tout le monde, c'est-à-dire jouer de la guitare. Mais petit à petit, cet instrument a pris une place prépondérante dans mon existence, et au bout de six mois, je jouais au minimum six heures par jour, dans la cave de mes parents. Parfois jusqu'à quinze heures les jours de week-end. J'aurai pu rater mes études avec cette passion, mais mes parents coupaient du l'électricité du sous-sol en périodes d'exams. En tout, au collège et au lycée, j'ai dû jouer dans sept groupes différents, dont deux que j'avais monté. Et puis, mes études de socio m'ont obligé à ralentir de plus en plus, et en maîtrise, j'ai fini par arrêter complètement. J'ai revendu ma basse quand j'ai dû m'acheter une voiture. C'était une BENTON avec un manche en érable et un corps en noix, elle était très belle, et je l'ai échangé contre une fiat panda noire, presque en carton, qui était très moche...Les années ont passé et je n'y repensais plus que dans mes rares accès de mélancolie, quand je me faisais vraiment chier au bureau et que je ne pouvais plus boire une tasse de café sans risquer une occlusion intestinale.
Jusqu'au jour où j'ai vu, dans une vitrine d'instruments d'occase, l'écho parfait de mes vieux rêves, la BENTON avec un manche en érable et un corps en noix. Ca m'a fait un choc. Je suis resté deux heures devant la vitrine, un soir très froid de février, à me geler devant cette basse... Je suis revenu deux jours après, puis le lendemain, et tous les jours jusqu'à ce que je craque et que je l'achète...Lorsque le vendeur a su que ce que je venais chercher, il m'a regardé avec un drôle d'air. Un mélange de sourire de soulagement et de grimace de désespoir. Je me souviens m'être demandé quel âge il pouvait avoir: il avait l'air encore jeune, et pourtant, ses gestes étaient saccadés et ses mains tremblaient comme s'il était au bout du rouleau, à six mois de la retraite. Au moment de sortir du magasin, il me dit du bout des lèvres, comme si le monde en dépendait:" Vous savez, cette basse, elle... elle appartenait au plus mauvais bassiste du monde..." Il a hoché la tête, et est entré dans la boutique en fermant la porte à clef derrière lui.  J'ai rapporté ma relique chez moi, et je l'ai regardée toute la soirée avant de pouvoir essayer d'en jouer. Au début, ça venait pas, ça faisait trop longtemps. Mes doigts étaient rouillés, je ne retrouvais pas les cordes, les sons, les sensations. J'étais même pas foutu de l'accorder correctement. Je me trouvais ridicule d'avoir cédé à ces impulsions, le passé, c'est le passé, et ça nous avance à quoi de vouloir recommencer? Mais au fur et à mesure, je me rappelais des secret de cette pratique. La magie de la musique recommençait à m'envahir, même si j'avais encore du mal à me laisser emporter. Il y avait une faille, une dissonance dans ma façon de jouer...


la suite, bientôt!!!!

 
Ma piaule, elle est énorme. C'est un grand appart, bien éclairé, bien situé en bas des pentes de la Croix-rousse (le meilleur quartier de Lyon). Il y a 4 mètres de plafond au moins. Ca permet de créer deux espaces bien distincts: mon habitat (en dessous de 3 m), et celui des araignées (au-dessus). Garanti sans mouches, moustiques, et autres saloperies... Mais ce que j'aime le plus, dans cet appart, c'est l'inexistence ABSOLUE de toute forme d'angles droits! Pas une pièce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à un rectangle, et encore moins à un carré... C'est surtout flagrant quand on regarde le plafond. Et j'adore ça!!!!
Une autre particularité de cet habitat original, c'est les ondes anti-électronique. Rien ne marche comme il faut... Mon frigo fonctionne (avec un bruit infernal pour se faire remarquer) environ 10 secondes sur 40. C'est-à-dire qu'il s'arrête et redémarre toutes les 50 secondes. Mon PC est devenu narcoleptique (il redémarre tout seul quand ça lui chante, sans s'occuper de ce que je peut être en train de faire)... Les hallogènes sont en grêve depuis le 27 juillet... Mon lecteur CD change d'avis comme de disque: il en accepte certains sans problèmes le mardi, les voit mais refuse de les lire le mercredi, et déclare qu'ils sont inexistants le jeudi. De façon totalement aléatoire et arbitraire, évidemment! Gravés ou pas, il s'en fout comme de son premier branchement! En bref, ici, tout est vivant et n'en fait qu'à sa tête. Je fais avec, ça m'a juste poussé à me faire ma petite religion: tout un panthéon de dieux de l'électro-ménager, que je prie à chaque tentative d'utilisation... Ah si, la cafetière m'est encore fidèle, mais pour combien de temps?
En gros, je sens que je vais bien me marrer ici...
 
FK-55 était fatigué. C'était un ancien modèle de bulldozer, de l'époque où ils étaient presque tous jaunes. Maintenant, il n'y a plus que les fabricants de jouets pour voir les bulldozers en jaune. Les vrais portent des couleurs vives, ils sont tous climatisés, et FK-55 n'y pouvait rien. Il est comme il est, et ça ne changera pas. Plus maintenant.
Il y a six mois, celui qui le pilotait depuis quinze ans a quitté les chantiers. Il est en "pré-retraite". Lui aussi, il aimerait être en pré-retraite. Il traîne sa carcasse depuis trop longtemps, et il a passé bien trop d'hivers sous la pluie.  Il commence à rouiller, et  son pilote s'en fout. Il grogne et s'énerve. Parfois, il s'énerve contre lui, le traitant de tas de boue... Il a les mains moites sur le volant et tape sur le tableau de bord toute la journée s' il est de mauvais poil. Il s'acharne sur les leviers comme si ça le soulageait de ses peines.
En ce moment, ils travaillent sur un chantier de démolition. Il bruine presque tous les jours et le sol est détrempé. FK-55 patine. Il est vieux et se sent se désosser. Bientôt, il ne sera plus bon à rien, Et on l'enverra crever dans un dépotoir. Il ne veut pas y aller. Pas comme ça, en tout cas! Il vont le faire monter, en vidant ses dernières forces, sur un semi-remorque qui le lâchera dans un trou, où il retrouvera d'autres épaves comme lui. Il pense aux bateaux de pêche, qui sont petit à petit digérés par la mer, et le chantier autour de lui se vide. Les hommes pointent et s'en vont, et lui reste là. Lorsque la nuit approche, le soleil apparaît enfin, crevant la couche de nuages.
Il est juste face à lui, plein ouest, rouge et énorme. Ces rayons, les premiers et derniers de ce jour, le réchauffent jusqu'à l'embrayage. Il l'appelle.FK-55 hésite. Cette chaleur le fait revivre, mais elle le terrifie tout autant. Il ne se sent pas prêt, mais sait le moment venu.
Il part d'un coup, lorsqu'il s'arrête de penser. Il suit le soleil droit vers l'ouest. Il poursuit la chaleur, parce qu'il n'a plus le choix. Elle le guidera. Elle le maintiendra debout jusqu'à ce qu'il atteigne son but. Celui-ci est clair, maintenant. Il sait que cet endroit existe. Comme les éléphants, à la fin de leur vie, se dirigent vers le coeur de l'Afrique, il doit suivre le soleil dans sa course vers l'ouest. Rejoindre les autres, ceux qui ont été là avant lui. Un endroit secret, inconnu de tous jusqu'au moment de l'appel, le moment où l'on sait. Il quitte le chantier et s'engage sur la route. Il se sent fort, comme dix ou cent bulldozers. Il sait qu'il aura besoin de cette force. C'est le chantier le plus dur qu'il aura a accomplir, mais ça ne lui fait plus peur. Tout ce qu'il a à penser, c'est "soleil".
Il quitte la ville, maintenant. Il va plein ouest, pour ne pas perdre la chaleur. Il doit la rattrapper, et la rattrapper avant qu'elle ne disparaisse dans les entrailles de la terre. Alors il accélere. Il puise dans ces nouvelles forces qui sont les dernières pour accélérer. Il se dirige droit vers les dernières lueurs à l'horizon et atteint des vitesses qu'il ne pouvait concevoir avant ça. La dernière vague de chaleur s'enfonce dans les entrailles de la terre et il la suit. Il connaît déjà ces entrailles, il les a creusées en tout sens toute sa vie. Et même avant ça, il les connaissait déjà...
                                                            

 
Voilà, c'est juste pour parler des liens que j'ai mis à droite.

Village de cabanes, c'est le site de gens trop fort, qui, vous vous en doutez, font des cabanes.
C'est un site pour rêver à d'autres façon de vivre, à d'autres façon de voyager. Un site pour se poser cinq minutes et s'imaginer passer une soirée autour d'un feu, à 30 mètres du sol, un verre de pastis à la main.

Le cafard cosmique, c'est un webzine de littérature fantastique, très complet, avec des vrais morceau d'infos dedans. Vous y trouverez les meilleurs auteurs de S.F. ,de fantastique, et un peu d'humour anglais.

Gorillaz, c'est le site de ... gorillaz. Le site est super bien foutu, j'ai passé des heures dessus, y a plein de trucs cachés dedans, mais... c'est en anglais

Le meilleur site du monde, c'est... un secret!
 
Commencez par lire celui du dessous, c'est mieux



Or donc, nous y voilà! Tout le monde dort dans le paisible royaume. Dans le très paisible royaume. Très, très paisible, le royaume. En fait, ce qui va le plus vite, dans ce royaume, c'est les plantes, qui profitent allègrement du sommeil des pauvres paysans et jardiniers du coin. Et quand une plante profite allègrement de quelque chose, elle ne le fait pas à moitié...

En un siècle, le royaume disparut totalement sous la végétation...

Ce qui ne facilita pas la tâche du prince. Car un beau jour, un prince eut vent de la malédiction de la pauvre princesse. Or, ce prince, le dernier-né d'une famille nombreuse, était en quète d'un haut-fait à accomplir, pour faire cesser à tout jamais les vannes de ses aînés.
"Mais pardieu, le voilà, mon haut-fait", se dit-il après quinze bonnes minutes de réflexion. Il fit donc ses adieux à sa famille, qui, il faut bien l'avouer, s'en fichait éperdumment. Sauf sa mère. Elle le surchargea de vêtements de rechange, en particulier de chaussettes doublées, de moufles, et de cache-nez tricotés main. "Parce qu'il était fragile, dit-elle, et qu'il avait toujours eut les extrémités sensibles". Elle permit ainsi à ses frères d'en rajouter une couche ( de vannes, pas de vêtements, bien sûr).

Il partit donc à l'aventure et vécut moultes péripéties jusqu'au très très paisible royaume du bois dormant. Il avait passé de nombreux étés, enfants, en compagnie du vieux jardinier du château paternel ( là encore, ses frères n'y étaient pas pour rien...). Il put donc traverser la sombre forêt sans encombre, et il parvint devant les portes du château.

Il eut ensuite à subir les épreuves que toute vilaine fée qui se respecte fait subir à tout vaillant prince qui se respecte ( même la fée gnasse!!). Epreuves sur lesquelles je ne m'attarderai pas, car, premièrement, on les connaît toutes déjà, et deuxièmement, pour le prestige de ce pauvre prince, il vaut mieux les taire, car il les a passées uniquement avec de la chance ( et son cache-nez tricoté main).

Enfin, bref, il parvint à la chambre de la princesse, et lorsqu'il la vit, il en tomba fou amoureux. Ebloui par tant de grâce, il s'approcha doucement de son grand lit à baldaquin, et s'assit à côté d'elle.
Avec une extème délicatesse, il se pencha et déposa un chaste et pur baiser sur son front. Elle ne s'éveilla pas pour autant. Il s'enhardit donc et alla jusqu'à l'embrasser sur les lèvres. Elle remua un peu en grognant et se retourna sur sa couche pour ronfler un petit coup. Désespéré et ne sachant plus que faire, il la secoua, jusqu'à ce qu'elle ouvre un oeil.

Elle se redressa sur son séant, l'air  ahuri, et demanda:
-Mais qu'est-ce que vous foutez là?
-Je M'En Viens, Gente Dame, Vous Délivrer De Ce Maléfice Qui Vous Enchaîne!!!!!
-Nan, mais ça va pas, là,  hein! Foutez-moi le camp fissa ou j'appelle la garde!
-Mais...?? Enfin... Je, je suis le prince...! Hein, quand même!
-Avec un cache-nez tricoté main? Et pis quoi, encore? Allez, cassez-vous, j'ai sommeil!
Et elle se retourna et se rendormit.

Le prince vécut triste jusqu'à la fin de ses jours, parce que ses frères se foutèrent de sa gueule jusqu'à la fin des leurs...
La princesse, quant à elle, fut délivrée par un autre prince, avec qui elle s'engueula jusqu'à la fin de ses jours, et ils eurent des lardons à pu savoir qu'en foutre.

morale: aucune...
 

 

Bon, ben voilà! J'viens d'emmenager dans une nouvelle ville, pour une nouvelle vie, et...

ben on verra bien ce qui va se passer! CARPE DIEM, comme on dit dans ce genre de cas...

Pour ce blog, je sais pas encore trop ce qu'il va y avoir dedans, c'est un peu pour me forcer à écrire tous les jours, un peu pour parler de Lyon ( c'est là que j'habite, cette ville m'a appellé, c'est un sentiment incroyable, je vous jure! ).

Enfin, voilà, j'habite ici depuis 2 semaines, je connais pas grand monde ,et j'ai laissé mes potes et ma famille dans la région parisienne, et en fait... ben tout va bien!!!

J'vais probablement parler des choses que j'aime, des sites que j'aime, des gens que je rencontre, des rêves que je fais, de ce que je découvre, et de tous les petits riens qui font le grand tout (ça c'est cool comme phrase, j'm'en rappellerais!).

Si j'y arrive, j'essayerais d'écrire une ou deux nouvelles de temps en temps, sur ce que m'inspire les lieux de cette ville et leur atmosphère.

Sur ce...

 
Il était une fois, dans un lointain royaume, un roi, bon et généreux, et une reine, qui allait donner naissance à une petite fille...
Tout le royaume était en liesse, et tous se rendaient dans la joie au baptème...
Tous, sauf une. En effet, il y avait dans ce royaume quatre fées: la bonne fée( la plus jeune), la fée cool     ( l'avant-dernière), la fée sévère mais juste (la cadette), et la fée gnasse (l'aînée, qui avait toujours regretté de ne pas être restée fille unique, et huit ans de psychanalyse n'y avait rien changé!)
Ces fées étaient les marraines de la petite princesse (qui n'avait pas de nom, car, dans les contes de fées, les personnages n'ont pas de nom, ça permet au lecteur de mieux s'identifier à eux...)
Or, la fée gnasse n'avait jamais installée la boîte aux lettres qui lui aurait permis de recevoir le carton d'invitation, et elle arriva alors que les bénédictions de ses soeurs étaient déjà distribuées...

Véxée comme un pou, elle déclara que la petite princesse (anonyme) allait mourir le jour de son dix-huitième anniversaire. L'assemblée était terrifiée... Après moultes et moultes négociations, deux ou trois dîners aux frais de la princesse (enfin, de ses parents, quoi...), la vilaine fée accepta de modifier sa malédiction. Ils parvinrent à un accord, qui stipulait qu'au lieu de mourir, elle ne ferait que dormir, jusqu'à ce qu'un prince la libère de son sort. La reine parvint même, par ses démonstrations d'affliction, à la convaincre d'endormir tout le royaume avec elle. Sur ce, la fée retourna se coucher en attendant son heure...

Les années passèrent, et la princesse grandit sans encombre, dans un foyer aimant. Vers treize ans, elle commença à manifester les premiers troubles de l'adolescence, et un an plus tard, le roi son père était catalogué dans la catégorie "vieux con". Les choses empirèrent vers ses seize ans, alors qu'elle commençait à réfléchir à son orientation professionnelle. Tous les soirs, elle tenait tête à son père à table, car elle voulait être décoratrice d'intérieur, et sûrement pas ressembler à ses parents! Sa mère, tout en regrettant la perte des valeurs d'antan, tentait d'arrondir les angles, et parlait invariablement de la pluie, du beau temps, et de ses problèmes de dos (selon la saison). La malédiction avait presque été oubliée, avec toutes ces prises de bec...

Mais un jour, la princesse eu dix-huit ans! Hé oui! Ses parents avaient caché durant les premières années de sa vie tous les objets pointus qu'ils trouvaient, mais petit à petit, ils avaient arrêté d'y penser. Sur la fin, le roi les laissaient traîner sciemment, en se disant et en grommelant que ça lui "ferait les pieds". Enfin bref, elle trouva un de ces trucs pointus, évidemment se piqua, parvint à se maintenir debout jusqu'à son lit, et tout le monde s'écroula...

Bon, la suite demain, je suis fatigué...
 

Ce matin, à une terrasse de café, j'ai trouvé les aveux d'un inconnu, concernant sa vie, son métier...

Je vous les livre tels quels:

"Le 12 août 2005, Lyon.

Voilà. Après 30 ans dans la mème boîte, et je pèse mes mots, je viens de prendre ma retraite. C'est une page de tournée en plus dans le bouquin de ma vie. Un putain de bouquin, soit dit en passant. Mais si un jour je croise l'auteur, pas moyen de savoir si je l'embrasse ou si j'lui en colle une...J'ai eu une vie plate, sans grandes passions, un train-train qui marche encore à la vapeur, mais comme je peux pas savoir ce que ça aurait pu être d'autre, autant l'accepter avec ses hauts, ses bas, et surtout ses milieux...

Pour mon boulot, j'peux dire qu'il m'a appris pleins de trucs. Des trucs sur les hommes, les femmes, les enfants... J'ai vu défiler l'humanité entière sous mes yeux. J'arrivai le matin à 5 heures, je repartai à 13 heures quand mon collègue venait me dire que je pouvait sortir discrètement. Personne ne doit nous voir... Nous sommes inexistant pour tous ceux qui ne savent pas; c'est à dire tout le monde sauf nous-même. Nous voyons tout le monde, tout le monde dans le blanc des yeux, et personne ne nous voit. Des fois, c'est agréable, on se dit que nous savons tout de vous, et que vous ne savez rien de nous... Mais les trois quarts du temps, on a envie de sortir en hurlant de la cabine, de vous ouvrir les yeux et de crier qu'on existe! On a envie de vous dire que derrière le miroir, il ya quelqu'un, un homme invisible dans la cabine pour appuyer sur le bouton... Vous nous ignorez, mais vous nous souriez. Vous nous ignorez, mais vous faites les cons, à cinq ou six parce que vous êtes jeunes, devant nos yeux. Vous nous ignorez, mais vous vous énervez et vous pestez contre le monde "moderne" parce que vous êtes vieux, et que vous ne comprenez plus. Toujours devant nos yeux, face à face, et toujours sans nous voir. Et  nous, on voit tout. On comprend tout. On vous connaît tous, parce que dans vos yeux, on peut lire vos vies. A tous. Mais à la fin, on le supporte plus. 

Maintenant que c'est fini pour moi, j'avais cru que je serai libre.... Mais non. Je rôde autour des anciennes cabines où j'ai travaillé, mais je ne peux plus vraiment m'en approcher. Dès que je vois quelqu'un, homme ,femme, enfant, courageux, joyeux, hésitant, de n'importe quel âge... Dès que je vois quelqu'un s'approcher d'un photomaton, je veux l'attrapper, et lui dire, lui crier, que ce n'est pas une machine, qu'il ya quelqu'un dedans... J'ai envie qu'on me regarde dans les yeux, et qu'on y voit toute l'humanité... Que tout le monde voit enfin ce que j'ai vu...."

Voilà. J'ai trouvé ça, je l'ai lu et j'ai été taguer un photomaton....

A bon entendeur... 

 

 
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